Révision constitutionnelle : « Les partis de l’opposition qui s’y opposent manipulent la population, ils en ont tous un projet » (Jonas Tshiombela)

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Dans une interview exclusive accordée à 7SUR7.CD ce mardi 19 mai 2026 à Kinshasa, le coordonnateur national de la Nouvelle société civile congolaise, Jonas Tshiombela, s’est dit favorable à une révision constitutionnelle, en s’appuyant sur l’article 218 de la loi fondamentale qui en fixe la procédure.

À l’en croire, les 51 % de Congolais ayant soutenu l’actuelle Constitution n’en veulent plus aujourd’hui, d’où la nécessité, selon lui, de les accompagner dans cette démarche.

« La Constitution elle-même prévoit la procédure de sa révision. Le débat ne devrait pas opposer ceux qui sont pour ou contre, mais plutôt porter sur le respect de la procédure à suivre en cas de révision. L’actuelle Constitution avait été adoptée par 51 % des Congolais, contre 49 %. À l’époque, cette majorité avait voulu que le pays se dote de cette Constitution, et nous, les 49 %, devions nous rallier à ce choix. Mais, avec le temps, ces mêmes 51 % ont constaté les limites et les dégâts causés par cette Constitution. Ils ont alors commencé à réclamer son changement », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : 

« Les élections de 2018 devaient se tenir en 2016, mais cela n’a pas été le cas, toujours à cause de ceux qui nous avaient imposé cette Constitution que nous avions contestée. Deux ans plus tard, nous nous retrouvions dans cette situation. D’où la pression populaire, car après 18 ans de pouvoir, certains tentaient encore de nous entraîner dans un schéma qui ne respectait même plus leur propre volonté initiale. C’est pourquoi nous avions résisté à toute révision constitutionnelle à l’époque. Je ne le nie pas : j’avais soutenu la position de la majorité. Comme il n’y avait ni élections ni volonté de quitter le pouvoir, il fallait alors s’en tenir aux dispositions prévues par cette Constitution », a-t-il ajouté.

Interrogé sur les raisons qui le poussent à soutenir une révision constitutionnelle aujourd’hui, Jonas Tshiombela estime que le président Félix Tshisekedi, issu d’un parti ayant longtemps contesté cette Constitution, n’avait pas l’effectivité du pouvoir au début de son mandat en raison de la coalition FCC-CACH.

« Félix Tshisekedi n’avait pas l’effectivité du pouvoir. Il était dans une coalition avec l’ancien régime, marquée par de fortes tensions. Était-ce vraiment le moment de poser la question de la révision constitutionnelle ? Même la mise en place du gouvernement posait problème. Le contexte n’était pas favorable à un tel débat. L’article 218 prévoit pourtant la possibilité d’une révision totale ou partielle de la Constitution. Cet article précise également les circonstances dans lesquelles une révision ne peut être engagée, notamment en période de guerre ou d’état de siège. Mais il n’interdit nullement le débat. Aujourd’hui, la discussion porte sur les objectifs poursuivis par cette révision. La Constitution n’interdit pas le débat ; elle encadre simplement les mécanismes à respecter », a-t-il indiqué.

Réagissant à la question de savoir si la révision constitutionnelle constitue une priorité dans un contexte marqué par l’agression et les difficultés socio-économiques, Jonas Tshiombela a affirmé que le président Félix Tshisekedi n’a jamais cessé de défendre l’intégrité territoriale du pays, soulignant que 30 % du budget de l’État seraient consacrés à l’effort de guerre.

Il a également affirmé que plusieurs partis de l’opposition disposeraient eux aussi de projets de révision constitutionnelle, citant notamment Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, l’ECiDé de Martin Fayulu et ENVOL de Delly Sesanga. Selon lui, ces formations politiques « manipulent la population » lorsqu’elles s’opposent publiquement à cette réforme.

Pour Jonas Tshiombela, si le peuple rejette finalement la révision constitutionnelle lors d’un référendum, il s’alignera sur la volonté de la majorité des Congolais.

Enfin, il a rejeté les accusations le présentant comme un acteur de la société civile proche du pouvoir, affirmant agir avec objectivité et avoir toujours refusé des avantages proposés par l’ancien régime.

Junior Ika