Une marche organisée par la société civile du Maniema pour exiger le dégel des comptes de la Fondation Mapon a été étouffée par la police, ce jeudi 19 mars 2026 à Kindu, chef-lieu du Maniema.
Les organisateurs dénoncent une violation flagrante des libertés fondamentales garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo.
Selon le responsable de la société civile, maître Stéphane Kamundala, toutes les démarches légales avaient été respectées en amont de cette manifestation. Une lettre d’information avait été déposée auprès des autorités compétentes en date du 17 mars, soit dans le délai requis. Toutefois, aucune réponse officielle n’aurait été notifiée aux initiateurs de la marche.
"Franchement, j’ai l'accusé de réception de notre lettre déposée le 16 mars pour une marche à intervenir le 19 et donc, on a laissé 72 heures. Mais, moi, je suis surpris, tout en étant sur le lieu de la marche que le commandant de la ville me montre une lettre qui a été signée par le gouverneur, interdisant la marche. Après tout, il faut savoir que nous ne défendons l'individu Matata, pourquoi l’on ne veut pas sceller sa résidence privée ? Tout cela ne fait pas l’attention du procureur ? Il faut geler les comptes qui ne sont alimentés que par des parents d’élèves et d’étudiants ainsi que par les malades ?", s’est-il interrogé sous un ton décevant.
Sur le terrain, les manifestants disent avoir été surpris par un important dispositif sécuritaire déployé le long de l’itinéraire prévu. Des éléments de la police ont empêché le déroulement de la marche, évoquant une interdiction qui, selon les organisateurs, n’a jamais été formellement communiquée.
La société civile met, toutefois, en garde contre les conséquences d’un tel précédent sur les relations entre elle et les autorités provinciales.
Malgré l’interdiction, les organisateurs ont pu se réunir brièvement et ont lu leur mémorandum.
Morisho Tambwe, à Kindu