L’Institut de recherche en droits humains (IRDH) met en garde l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, contre les conséquences du recours aux armes pour conquérir le pouvoir, quelques jours après son annonce de la présidence du Front de la refondation de l’Etat, à Goma dans le Nord-Kivu.
Dans une mise au point le vendredi 16 octobre 2026 à Lubumbashi, maître Hubert Tshiswaka, directeur de l’IRDH, a appelé l'ancien chef de l'Etat à privilégier les voies pacifiques pour résoudre les divergences politiques en RDC.
Pour cet acteur de la société civile, les rivalités politiques ne peuvent en aucun cas justifier la violence contre la population et la destruction des infrastructures du pays.
« Rien ne peut justifier la violence contre son peuple, rien ne peut justifier la violence dirigée contre sa propre nation », a déclaré Hubert Tshiswaka Masoka à 7SUR7.CD, insistant sur la nécessité de distinguer les divergences politiques du recours à la violence armée.
Le responsable de l’IRDH a rappelé que les contradictions et les rivalités sont inhérentes à la vie politique. Selon lui, les acteurs politiques doivent apprendre à gérer leurs désaccords sans recourir aux armes pour accéder au pouvoir ou contester les dirigeants en place.
« La politique est faite pour les intelligents, la nature même de la politique, c'est la contradiction, ce sont des tiraillements. Jamais un politicien ne vous laissera tranquille pour prendre le pouvoir », a-t-il soutenu.
Hubert Tshiswaka a également attiré l’attention sur les conséquences de la lutte armée pour les populations civiles, qui risquent de subir les destructions des habitations, des routes et d’autres infrastructures essentielles. Il rappelle que les citoyens ont avant tout besoin de vivre en paix et de bénéficier des conditions nécessaires à leur bien-être.
« Et nous, la population que vous gérez, nous avons besoin de vivre. Si vous prenez des armes, vous viendrez détruire nos maisons, nos villes et nos routes », a-t-il averti.
Pour étayer son argumentaire, le directeur général de l’IRDH a évoqué les rivalités politiques observées dans d’autres pays, notamment aux États-Unis entre démocrates et républicains, ainsi qu’en Afrique du Sud. Il a estimé que les divergences entre acteurs politiques ne doivent pas systématiquement conduire à des affrontements armés.
« Si cela est le cas, c'est que le monde entier serait en guerre », a-t-il fait observer, rejetant ainsi l’idée selon laquelle les désaccords politiques justifieraient le recours à la violence.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politico-militaire annoncée à Goma, dans la province du Nord-Kivu, les 10 et 11 octobre 2026, sous la direction de Joseph Kabila.
Patient Lukusa, à Lubumbashi