La Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) annonce la poursuite des missions de vérification du cessez-le-feu dans l’Est de la République démocratique du Congo. Cette annonce est faite après 2 opérations menées par le Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+) à Minembwe (Sud-Kivu), du 24 au 25 août, puis à Masisi (Nord-Kivu), du 10 au 12 septembre 2026.
Dans un communiqué rendu public le 20 septembre dernier à l’issue de ces missions et consulté mercredi 23 septembre par 7SUR7.CD, la CIRGL salue la coopération qui a permis aux équipes de travailler dans les 2 zones. Elle cite notamment la collaboration du gouvernement congolais et de l’AFC/M23, ainsi que l’appui des États-Unis, de la Suisse, du Qatar, de l’Union africaine et de la MONUSCO.
« Ces missions constituent une étape importante du processus de Doha et une avancée essentielle vers l’opérationnalisation du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu établi à la suite de la signature du 14 octobre 2025. Leur succès démontre que le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu peut remplir efficacement son mandat, pour autant que la volonté politique se maintienne », indique le communiqué.
Le MCVE+ est chargé de vérifier sur le terrain les informations relatives au respect du cessez-le-feu dans le cadre du processus de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23. Sa mise en place a progressivement été concrétisée avec la création de son secrétariat et une première mission de reconnaissance effectuée le 20 août avec l’appui logistique de la MONUSCO, avant le déploiement à Minembwe.
La MONUSCO apporte notamment un soutien logistique et technique à ce mécanisme. James Swan, chef de la mission onusienne, avait indiqué, après la première opération à Minembwe, que l’ONU entendait poursuivre son accompagnement afin de renforcer les capacités opérationnelles du MCVE+.
Les 2 missions ont été engagées après une retraite d’évaluation organisée du 17 au 21 août en Suisse entre les représentants de Kinshasa et ceux de l’AFC/M23. Les discussions avaient notamment porté sur l’évolution de la mise en œuvre de l’accord de principes de Doha et sur la poursuite des négociations en vue de la signature des protocoles qui sont encore en attente.
Pour la CIRGL, ces opérations doivent désormais être suivies par d’autres missions dans les zones en proie aux violences.
« À l’avenir, la CIRGL mènera régulièrement des missions de vérification dans les zones touchées par le conflit afin de renforcer la confiance et de soutenir l’instauration d’un cessez-le-feu durable », précise le communiqué.
Selon la CIRGL, cette démarche s'inscrit dans son rôle d’accompagnement des mécanismes régionaux engagés dans la recherche d’une issue à la crise dans l’Est de la RDC. Elle entend ainsi maintenir les vérifications sur le terrain et travailler avec les différents partenaires impliqués dans le processus de paix pour s'assurer du respect effectif du cessez-le-feu.
Toutefois, malgré la présence du mecanisme conjoint de vérification, les hostilités ont été rapportées sur le terrain, particulièrement dans les territoires de Masisi et Walikale (Nord-Kivu) ainsi qu'à Minembwe (Sud-Kivu) au cours même de la période de vérification.
Dans des communiqués respectifs publiés il y a quelques jours, l'armée congolaise et le M23 se rejettent de nouveau la responsable de ces nouvelles violations. A l'issue d'intenses combats, les forces gouvernementales ont réussi à reconquérir plusieurs localités au Nord-Kivu.
Isaac Kisatiro, à Butembo