Changement de la Constitution : le parti Bisoïte Nationale propose la suppression du Sénat et du poste de Premier ministre

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Le parti politique Bisoïte Nationale pour un Congo fort et prospère (BNCP) plaide pour la suppression du Sénat et du poste de Premier ministre dans le cadre du changement de la Constitution qu'il appelle de ses vœux. Cette formation politique, membre de l'Union sacrée, propose également la création d'un poste de vice-président de la République, le retour à l'élection présidentielle à deux tours, le renforcement de la stabilité des institutions provinciales ainsi qu'une révision des dispositions relatives à la Caisse nationale de péréquation.

Cette position a été rendue publique ce samedi 6 juin 2026 à Kinshasa, à l'occasion de la relance des activités du parti. La déclaration politique a été lue par Jules Kabasubabo, directeur de cabinet du président du BNCP.

Au sujet du Parlement, cette formation politique estime que le maintien d'un système bicaméral n'est plus adapté aux exigences actuelles de gouvernance. Il recommande ainsi la suppression du Sénat afin de ne conserver qu'une seule chambre parlementaire.

« Que le Sénat soit supprimé au profit d'une seule chambre du Parlement pour plus d'efficacité et la réduction du train de vie des institutions », préconise le parti dans sa déclaration.

La BNCP propose également la suppression du poste de Premier ministre et son remplacement par un vice-président de la République.

Selon le parti, ce dernier devrait assister le chef de l'État dans la gestion des finances et de l'économie afin de permettre au président de la République de se consacrer davantage aux questions de défense et de sécurité.

« Que le poste de Premier ministre soit supprimé pour donner lieu à la création d'un poste de vice-président de la République pour bien seconder le chef de l'État dans l'exercice de son mandat dans la gestion des finances et de l'économie pendant que lui-même s'occupe entièrement de la défense et de la sécurité », souligne la déclaration.

Parmi les autres réformes préconisées figure le rétablissement de l'élection présidentielle à deux tours. Le parti considère que cette formule renforcera la légitimité démocratique du président de la République en lui assurant une adhésion populaire plus large.

Le BNCP recommande également l'introduction de mécanismes constitutionnels susceptibles de garantir une plus grande stabilité des institutions provinciales, régulièrement confrontées à des crises politiques et institutionnelles.

La déclaration propose en outre une révision des dispositions constitutionnelles relatives à la caisse nationale de péréquation afin de les adapter aux réalités actuelles du pays et d'en faciliter l'application effective.

Pour justifier ces réformes, le parti relève plusieurs préoccupations liées à la Constitution actuellement en vigueur, notamment la suppression du second tour de l'élection présidentielle lors de sa première révision, l'instabilité des institutions provinciales, l'existence d'un Parlement bicaméral, le maintien du poste de Premier ministre ainsi que les difficultés observées dans la mise en œuvre de certaines dispositions liées à la décentralisation.

La BNCP estime que ces constats militent en faveur d'une réforme en profondeur de la loi fondamentale.

« Vingt ans après sa promulgation, les éléments évoqués sous forme de questionnements soulignent l'importance d'un changement constitutionnel pour répondre aux réalités actuelles et garantir la stabilité des institutions provinciales ainsi que la réduction réelle du train de vie des institutions du pays », indique la déclaration.

Le parti note par ailleurs que « plusieurs observateurs critiquent cette Constitution » et rappellent que son élaboration est intervenue dans un contexte politique particulier marqué par les accords de paix conclus à la fin des guerres qui ont secoué la République démocratique du Congo.

Cette option en faveur du changement de la Constitution a été adoptée à l'issue de l'Assemblée générale extraordinaire du BNCP, parti membre de l'Union sacrée de la Nation, avant d'être officiellement annoncée ce samedi lors de la relance de ses activités politiques à Kinshasa.

Merveil Molo