Le ministre d’État de l’Industrie a.i. a présenté au Conseil des ministres du 11 avril dernier une note d’information dans laquelle il a exposé la situation des créances en souffrance du Fonds de promotion de l’industrie (FPI), estimées à près de 300 millions de dollars américains.
Il a indiqué que ces ressources, cruciales pour le financement de projets structurants, peinent à être recouvrées,compromettant ainsi les efforts de relance du secteur industriel.
Dans son intervention, le ministre a insisté sur la nécessité d’un appui gouvernemental renforcé afin d’accélérer le recouvrement de ces fonds. Il a notamment recommandé l’audit du portefeuille des créances par le conseil d’administration du FPI.
Cet audit devrait permettre, d’une part, de définir une stratégie de recouvrement plus efficace et, d’autre part, d’identifier d’éventuels dysfonctionnements internes liés à l’organisation, aux compétences ou encore à des pratiques informelles dans l’octroi des financements.
Toutefois, le ministre a souligné l’urgence d’agir sans attendre les conclusions de cet audit. Il a rappelé qu’une partie importante de ces créances est déjà jugée liquide et exigible : les dettes sont reconnues, les montants clairement établis, les échéances dépassées et les débiteurs identifiés.
Retarder les actions de recouvrement pourrait ainsi entraîner des pertes financières importantes, non seulement pour le FPI, mais aussi pour l’ensemble du secteur industriel, dans un contexte où l’économie nationale a un besoin pressant de liquidités, a martelé le ministre.
Pour répondre à cette situation, il a proposé la mise en place d’une commission spéciale avec l’implication directe du gouvernement. Cette structure aurait pour mission de catégoriser les débiteurs selon leur bonne ou mauvaise foi, de négocier des accords à l’amiable pour les créances récupérables et d’engager des actions de recouvrement forcé avec l’appui de la force publique si nécessaire.
Elle pourrait également proposer des mesures conservatoires sur les biens des débiteurs insolvables.
Par ailleurs, le ministre a plaidé pour l’accélération de l’adoption du décret portant mesures d’application de la loi sur la taxe de promotion de l’industrie, un instrument clé pour renforcer les ressources du secteur.
À l’issue de cette présentation, le Conseil a pris acte de la note d’information, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles décisions gouvernementales dans les prochains jours pour soutenir le redressement financier du FPI et relancer la dynamique industrielle en République démocratique du Congo.
ODN