La coordinatrice de l'ONG Leadership de la Femme des Médias (LFM) et journaliste à la Radio Télévision du Groupe L’Avenir (RTGA), Grâce Shako, a, dans une interview accordée à 7SUR7.CD , ce vendredi 20 mars 2026, reconnu les avancées en matière de parité en RDC, en dépit de sa mise en œuvre sur le terrain. À travers notre micro, elle a également partagé son expérience dans cette carrière journalistique.
7SUR7.CD : Pouvez-vous décliner votre identité et nous parler de votre parcours en journalisme ?
Grâce Shako : Je suis Grâce Shako, journaliste politique à la RTGA et coordinatrice de l’ONG Leadership de la Femme des Médias.
J’ai commencé le journalisme avec une passion pour les questions de société, mais très vite je me suis orientée vers les thématiques liées aux femmes, au leadership et à la participation citoyenne. Aujourd’hui, je combine le journalisme, le coaching et l’engagement associatif.
7SUR7.CD : À quel niveau se situe la lutte pour les droits des femmes en RDC ?
Grâce Shako : La lutte a évolué, il faut le reconnaître. Aujourd’hui, la femme congolaise est plus visible, plus présente dans les espaces de décision et de prise de parole. Mais on est encore dans une phase de transition. On parle beaucoup des droits des femmes, mais sur le terrain, il reste encore beaucoup à faire.
7SUR7.CD : Quelles sont les avancées qui ont été enregistrées en termes d’égalité de genre ?
Grâce Shako : Il y a eu des avancées, notamment en matière de représentation des femmes dans certaines institutions et dans la sensibilisation autour des droits. On voit aussi de plus en plus de femmes entreprendre, s’exprimer et s’affirmer. Mais ces avancées restent encore fragiles et inégales.
7SUR7.CD : Quels sont les défis à relever ?
Grâce Shako : Le principal défi aujourd’hui, c’est le passage du discours à l’action. Mais aussi, il faut le dire, les femmes ont encore tendance à s’auto-limiter. Par exemple, dans mon travail, quand je cherche des intervenants pour une interview, très souvent les femmes hésitent à prendre la parole en premier, alors qu’elles sont compétentes. Elles ont encore du mal à se mettre en avant, à assumer leur place. Il y a donc un vrai travail à faire sur la confiance, la prise de parole et le positionnement.
7SUR7.CD : Pourquoi avoir mis en place la structure Leadership de la Femme des Médias ?
Grâce Shako : J’ai créé LFM avec une vision très claire : redonner de la dignité au métier de femme journaliste. Aujourd’hui, il y a encore beaucoup de stéréotypes autour des femmes dans les médias. Nous travaillons donc à changer cette perception, mais aussi à pousser les femmes à occuper des postes de décision, de direction et de commandement dans les maisons de presse. L’idée, ce n’est pas seulement d’être présentes, mais d’influencer.
7SUR7.CD : Quelles sont les difficultés auxquelles les femmes journalistes sont confrontées en RDC ?
Grâce Shako : Les femmes journalistes font face à plusieurs défis : le manque de considération, les stéréotypes, parfois le harcèlement, et aussi la difficulté de concilier carrière et vie personnelle.Mais malgré tout, on voit des femmes très fortes qui s’imposent.
7SUR7.CD : Quelle est votre expérience heureuse ou malheureuse le long de votre carrière, particulièrement dans la défense des droits des femmes ?
Grâce Shako : Ce qui me marque le plus, ce sont les témoignages des jeunes filles que j’accompagne aujourd’hui et qui me disent que mon parcours les inspire.
C’est ça qui donne du sens à tout.
7SUR7.CD : Un mot à la jeune fille qui veut embrasser la carrière journalistique ?
Grâce Shako : Je lui dirais d’oser.Le journalisme demande du courage, de la rigueur et de la passion. Il ne faut pas attendre d’être parfaite pour commencer, il faut apprendre en avançant et surtout croire en sa voix.
Propos recueillis par Christel Insiwe