Le député national Joseph Nkoy estime que la question du changement de la Constitution en République démocratique du Congo doit être analysée d’abord sous l’angle politique. Dans une dépêche transmise,ce lundi 15 mars 2026, à 7SUR7.CD, l’élu de Katako-Kombe (Sankuru) soutient que « le changement de la Constitution est avant tout une option politique et non juridique ».
Pour lui, le débat devrait être replacé dans son véritable cadre.
« Le débat doit être cadré dans une perspective politique : il s’agit de définir des orientations claires pour indiquer la direction que doit prendre la Nation », explique-t-il.
À ses yeux, les nombreuses prises de parole observées sur les réseaux sociaux et dans certains espaces publics contribuent parfois à brouiller la compréhension du sujet.
« Certains scientifiques ou non s’expriment sur la modification de la Constitution en multipliant avis et considérations. Ces interventions, souvent aventureuses, négligent la nature profonde de la question. En réalité, nous sommes face à une possibilité de choix politique », fait-il remarquer.
Dans son analyse, Joseph Nkoy rappelle que toute réforme constitutionnelle s’inscrit d’abord dans un choix politique assumé.
« Les options politiques sont prises par ceux qui détiennent le pouvoir au moment précis », affirme-t-il.
Selon lui, réduire cette question à des considérations juridiques revient « à occulter la dimension fondamentale du contexte socio-politique du pays ».
Il évoque également le rôle du président de la République dans ce débat. L’élu de Katako-Kombe estime que le chef de l’État peut, s’il le juge nécessaire, engager la réflexion sur cette option.
« En tant que garant du fonctionnement harmonieux des institutions, y compris celle revêtue de la fonction protectrice de la Constitution elle-même, il lui appartient, s’il estime nécessaire, d’ouvrir la réflexion sur cette option politique et de prendre les dispositions qui s’imposent », soutient-il.
Il rappelle par ailleurs que l’actuel président est arrivé au pouvoir dans un environnement politique marqué, selon lui, par des pratiques dominées par des intérêts égoïstes et des ambitions inavouées, qu’il qualifie de « politique du ventre ». Enfin, le député insiste sur le rôle du peuple dans toute évolution constitutionnelle.
« Dans une démocratie comme la nôtre, le pouvoir appartient au peuple », rappelle-t-il, soulignant que la Constitution du 18 février 2006 prévoit que la souveraineté nationale peut s’exercer notamment par voie de référendum.
Si l’opposition conteste cette option, ajoute-t-il, « elle agit dans la logique de son rôle démocratique. Mais, in fine, c’est au peuple, arbitre suprême du jeu démocratique, qu’il revient de trancher ».
Alors que certains acteurs politiques proches du pouvoir plaident pour l’ouverture de ce débat, une frange de l’opposition rejette toute perspective de changement de la Constitution. Dans ce contexte, la question continue d’alimenter l’actualité politique en RDC, entre les partisans d’une réforme présentée comme une option politique et ceux qui s’y opposent.
Merveil Molo