Au total, 237 enfants en rupture avec les liens familiaux ont été interpellés dans différentes avenues et rues du centre-ville de Lubumbashi par les services de sécurité, une opération qui s’inscrit dans la politique du gouvernement provincial du Haut-Katanga visant à neutraliser le phénomène des enfants de la rue, devenu préoccupant dans plusieurs coins stratégiques de la capitale cuprifère.
Lors de leur répartition selon le critère d’âge, 129 mineurs, filles et garçons, ont été provisoirement gardés dans les installations de la BCRS au centre-ville, en attendant leur affectation dans des maisons d’éducation.
La ministre provinciale du Genre, Famille et Enfants, Valérienne Mumba, a précisé lors de la cérémonie organisée le vendredi 20 février 2026 que ces enfants bénéficieront d’un encadrement spécifique avant leur réinsertion. Cette initiative marque une nouvelle étape dans la lutte contre l’errance juvénile et l’insécurité qui y est souvent associée.
« Certains parmi vous, c’est pour la deuxième fois que nous les interpellons. Certains étaient au centre de Bakandja et avaient fui pour rentrer au centre-ville. Pour cette fois-ci, nous avons pris d’autres décisions. Celui qu’on trouvera encore en route, il n’y aura pas de pitié », a-t-elle averti.
Par ailleurs, 90 autres jeunes considérés comme majeurs seront acheminés vers Kanyama Kasese pour y suivre des formations dans différents métiers, en vue de favoriser leur autonomisation.
Présente lors de la visite, la maire de la ville, Joyce Tunda, a tenu à rassurer ces enfants quant à leur prise en charge par le gouvernement provincial, tout en adoptant un ton ferme face aux tentatives de récidive.
« Si vous ne voulez pas aller à Kanyama Kasese, demain nous viendrons vous prendre pour vous amener là où vous irez rester. Nous, l’État, nous allons vous prendre en charge et vous donner à manger. Lorsqu’on va vous amener là-bas, celui qui fuira, nous n’allons plus l’amener auprès de ses collègues enfants mais en prison ou à Kanyama Kasese », a-t-elle déclaré.
Pour la ministre du Genre, ces enfants seront d’abord conduits dans des maisons d’éducation où des vivres et non-vivres leur seront remis, en attendant leur transfert définitif. L’objectif affiché est d’assurer non seulement leur encadrement, mais aussi d’éviter leur retour dans la rue.
Il s’agit de l’énième opération menée par le gouvernement provincial du Haut-Katanga pour tenter d’endiguer ce phénomène devenu massif. Les autorités insistent désormais sur la mise en place de mesures d’accompagnement durable afin de prévenir toute rechute et d’offrir à ces jeunes une véritable perspective d’avenir.
Patient Lukusa, à Lubumbashi