Alors que l’avenir de la République démocratique du Congo se discute ouvertement au Congrès des États-Unis, une question cruciale s’impose à l’opinion congolaise et à la diaspora : où sont les sociétés de lobbying, les lobbyistes et les intermédiaires grassement payés par l’État congolais pour défendre la cause de la RDC ?
Ces contrats, financés par l’argent public, sont censés servir un objectif clair : porter la voix du Congo auprès du Congrès américain, contrer les narratifs hostiles et défendre la souveraineté nationale. Or, au moment même où des propositions dangereuses émergent à Washington, leur silence interroge, leur absence inquiète.
Quand une ligne rouge est franchie au Congrès américain
Lors d’une récente audience du Congrès consacrée aux Accords de Washington, un signal d’alarme a retenti.
« Une idée inacceptable évoquée lors de l’audience qui est la proposition avancée par le congressman Ronny Jackson selon laquelle la RDC devrait partager sa richesse en ressources naturelles avec le Rwanda. Cette proposition n’est pas nouvelle. Elle est promue de manière agressive depuis juillet 2025 par les relais basés à Washington du président Paul Kagame. »
Cette proposition est non seulement injuste, mais moralement et juridiquement inacceptable. Le Rwanda est régulièrement cité par des rapports onusiens et internationaux comme acteur d’agression, de déstabilisation et de pillage des ressources congolaises, notamment dans l’Est de la RDC.
Un principe fondamental du droit international est clair : un État agresseur ne peut être récompensé pour ses mauvaises actions.
Silence des lobbyistes : incompétence ou abandon ?
Face à une telle offensive politique, la question demeure entière :
où sont les lobbyistes du Congo ? Où sont les firmes engagées pour défendre la RDC ? Où sont les voix censées expliquer au Congrès américain que le Rwanda n’est pas une victime, mais un agresseur ?
Ont-ils informé les sénateurs et représentants américains des réalités du terrain :
– les pillages systématiques,
– les atrocités documentées,
– les millions de déplacés,
– les morts civiles répétées ?
Ou bien assistons-nous à une stratégie du silence, dangereuse et coupable, qui laisse prospérer un récit mensonger au détriment du Congo ?
Et les représentants congolais mandatés ?
La même question se pose à l’endroit de certains Congolais officiellement chargés du plaidoyer pour la RDC à Washington, notamment Joe Ndumbi et d’autres acteurs connus de ce dispositif.
Ont-ils alerté ? Ont-ils protesté ? Ont-ils mobilisé les élus américains ?
Ou attend-on que tout soit tranché en faveur du Rwanda pour ensuite se lamenter, protester tardivement et dénoncer l’injustice après coup ?
Le moment est grave. Le sort de la RDC se joue maintenant, pas demain.
L’urgence d’une riposte politique et diplomatique
« pour mobiliser les membres du Congrès, Républicains comme Démocrates, afin de s’opposer à toute tentative d’insérer un tel langage dans une quelconque législation. La souveraineté de la RDC et la propriété de ses ressources ne sont pas négociables. »
Cette détermination devrait être celle :
• du gouvernement congolais,
• de l’ambassade de la RDC aux États-Unis,
• des lobbyistes sous contrat,
• de la diaspora congolaise organisée.
Le Congrès américain doit être saisi officiellement, informé, interpellé, et les propositions du congressman Ronny Jackson et de ses soutiens doivent être fermement rejetées avant qu’il ne soit trop tard.
Conclusion : l’histoire jugera
L’histoire jugera sévèrement celles et ceux qui, par passivité, calcul politique ou complaisance, auront laissé le Congo être dépouillé une fois de plus sous couvert de “solution diplomatique”.
Le peuple congolais a droit à la vérité, à la justice et à une défense digne de ce nom.
La souveraineté de la RDC n’est pas à négocier. Elle se défend, ici et maintenant.
Éric Kamba
Auteur, chercheur et géostratège
Président – Congo Action pour la Diplomatie Agissante (CADA)”